Mademoiselle chante Piaf en Israël

Article écrit pour le Jerusalem Post – Edition française

Publié dans l’édition du 19 mars 2014

La tournée internationale de Patricia Kaas en hommage à Edith Piaf s’est achevée le 14 décembre 2013, après 130 concerts. Mais la Fille de l’Est a décidé de remonter sur scène en Israël, les 6 et 7 avril prochains.

Sarah Lalou

Après le succès mondial de sa comédie-récital marquant les 50 ans de la disparition de la Môme, Patricia Kaas a décidé de poursuivre l’aventure dans les pays où elle ne s’était pas encore produite. Pour seulement 20 concerts supplémentaires. Et c’est au public israélien qu’elle a choisi de consacrer deux dates, à Tel-Aviv et Haïfa.

Article Patricia Kaas JPost

Article publié, Jerusalem Post

L’exception française en Israël

Ce spectacle, monté en 2012 et 2013, a été présenté en avant-première sur les plus grandes scènes du monde : Royal Albert Hall de Londres, Carnegie Hall à New York, Olympia de Paris, Operett Theatre à Moscou, Sejeon Cultural Center à Séoul… Avec une mise en scène inédite, contemporaine et urbaine, des photos d’Edith Piaf jamais exposées, une vingtaine de chansons de la Môme, et un jeu scénique interprété par Patricia Kaas.

Sa prolongation sera toutefois un brin différente. Le spectacle se fera plus intime cette fois, avec des chansons arrangées en version acoustique, et inclura surtout six des grands tubes de la chanteuse. Les inoubliables Mon mec à moi, Il me dit que je suis belle, Entrer dans la lumière, et Mademoiselle chante le blues sont ainsi au programme. « Je pense que les gens vont se sentir proches de moi, et vont être satisfaits que je donne quelques chansons de mon répertoire », confie l’artiste, avant de révéler : « Je ne vous cache pas que durant cette tournée de 130 concerts sans aucune de mes chansons, j’avais le sentiment que, même si le public était content et me retrouvait dans les chansons de Piaf parce que je les interprétais à ma façon, il y avait quand même une attente pour une prochaine tournée, avec l’envie d’un “bout de moi”. Et c’est plutôt agréable, moi qui suis toujours dans le doute ».

Aucune crainte à avoir : le public francophone sera présent pour applaudir l’icône hexagonale. « Ça me fait plaisir de pouvoir aussi chanter les chansons qui ont marqué les débuts de ma carrière. C’est comme ça que les gens m’ont connue en France. Ça fait toujours plaisir d’aller à la rencontre d’un public français. Il y aura également pas mal de Russes qui habitent en Israël ». Elle est en effet l’une des chanteuses les plus populaires au pays de Tolstoï. Depuis vingt ans, le public russe chérit Patricia Kaas et voit en l’interprète une référence de la chanson française. Tout comme l’était et le reste Edith Piaf.

Lors de sa tournée “Kabaret” hommage aux années 1930, Kaas avait sillonné les Etats-Unis, l’Europe et l’Asie, adoptant le surnom de « French Madonna » par Le Quotidien du Peuple en Chine. Sa renommée s’est d’ores et déjà inscrite au niveau international.

La chanteuse se réjouit aujourd’hui de retrouver le public israélien. « Je suis venue en Israël lors de ma tournée précédente “Kabaret”. Malheureusement comme je dis souvent, on est comme un courant d’air : on arrive et on est déjà reparti. Donc on n’a pas vraiment le temps de visiter, et c’est toujours un peu dommage, mais j’en gardais un bon souvenir. Quand on m’a dit qu’on rejouait en Israël, j’avais envie ». Le ton est donné, et c’est avec enthousiasme que la demoiselle qui chante le blues arrive en Terre sainte. Sa première visite en 2009 l’avait déjà marquée : « J’avais eu le temps d’aller à Jérusalem : c’était assez impressionnant de voir combien de personnes croient et touchent le Mur pour prier et formuler leurs souhaits. J’avais trouvé ça touchant ». Quant à d’éventuelles pressions pesant contre ses spectacles dans les villes israéliennes, Patricia Kaas reste fidèle à elle-même, très franche : « Je n’en ai pas ressenti concernant ma venue en Israël, j’ai peut-être été protégée, mais j’espère qu’il n’y en aura pas, parce que je trouve ça toujours un peu con et dommage ».

La Môme Kaas

Interpréter les chansons de la Môme, monument du patrimoine français, est un véritable risque pour une artiste. Il aura fallu la voix profonde de Patricia Kaas pour rendre hommage à la chanteuse de La Vie en Rose. « Je chante des chansons de Piaf, mais j’y mets mes émotions, ce que j’ai vécu moi dans ma vie, en beau et en plus difficile ». Certains parallèles entre les destins des deux chanteuses ne manquent pas de troubler. L’une est élancée et blonde, l’autre est un petit bout de femme brune, mais les deux artistes s’inscrivent dans l’émotion à fleur de peau. La chanteuse au regard azur raconte : « J’ai perdu ma mère assez jeune, mon père juste après, je connais certaines souffrances », ajoutant « je viens d’une famille modeste, je me suis battue dans la vie, on m’a toujours appris qu’il y a une lumière au bout d’un tunnel et qu’il faut foncer vers cette issue ». « Il y a aussi une authenticité : je chante comme je parle, nous sommes des chanteuses populaires », remarque-t-elle. Mais les ressemblances avec la Môme s’arrêtent là. « Elle a quand même eu une vie beaucoup plus sombre que la mienne », souligne Patricia Kaas, qui a relevé le défi de s’approprier les chansons cultes et de ne pas tomber dans la copie sur scène.

Elle confie que Piaf « a des chansons assez prenantes, et quand tout d’un coup on y intègre un peu de sa propre vie, on retrouve toujours un sentiment qui ressemble à ce qu’elle voulait exprimer ». Au fil de ses représentations, ses sensibilités par rapport aux chansons de Piaf ont changé. Patricia Kaas explique qu’elle aimait beaucoup interpréter Milord, Padam, ou T’es beau tu sais. « C’est difficile de ne prendre qu’une chanson de Piaf ! » lâche-t-elle en souriant. La belle histoire d’amour prend toutefois une place particulière dans le cœur de la belle blonde. « C’est une chanson qui m’a marquée parce qu’elle est dans la force et la fragilité et je suis assez comme ça, donc c’est un moment assez fort du spectacle. C’est la chanson dans laquelle je me retrouve le plus », explique-t-elle.

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Beaucoup d’émotion en perspective, donc, pour ces concerts des 6 et 7 avril prochains. Ne reste plus qu’une chose à faire : souhaiter à la chanteuse française « Bienvenue en Israël », et espérer la croiser dans les rues de Tel-Aviv et de Haïfa. Avant de la retrouver sur scène.

Accès à l’article sur le site du Jerusalem Post

Réservations

Haïfa : barak-tickets.co.il

Tel-Aviv : www.israstage.com

Sarah Lalou

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