Ariel Sharon : Israël en deuil de son leader charismatique

L’ancien Premier ministre et héros de guerre Ariel Sharon s’est éteint aujourd’hui, samedi 11 janvier après-midi au Centre médical Sheba à Tel Hashomer, à l’âge de 85 ans. Il avait passé huit ans dans le coma, après un AVC en Janvier 2006.

Depuis déjà une semaine, son état de santé s’était dégradé. Son fils Gilad Sharon a simplement annoncé : « Il s’en est allé. Il est parti quand il a décidé qu’il était temps ». Le leader a laissé des traces indélébiles dans la mémoire collective israélienne.

Tout d’abord pour ses exploits dans les différentes guerres d’Israël. Il rejoint très tôt la Haganah, la milice de défense aux origines de Tsahal avant même la guerre d’Indépendance. Sharon s’est ensuite démarqué par ses prises de décision stratégiques et ses actions courageuses durant la Guerre des Six Jours, et surtout la guerre de Yom Kippour, lorsqu’il a combattu sur la frontière sud d’Israël et conduit ses troupes en Egypte en traversant le Canal de Suez.

Durant la controversée Première Guerre du Liban de 1982, Sharon, alors ministre de la Défense, est accusé d’avoir pris des décisions sans en parler au Premier ministre Begin, ni obtenir son approbation. En Septembre 1982, après l’assassinat du président libanais Bachir Gemayel, les forces phalangistes libanaises – chrétiennes – massacrent des milliers de résidents palestiniens des camps de Sabra et Chatila à Beyrouth. Ce triste épisode hantera Ariel Sharon tout autant qu’Israël durant des années. La commission d’enquête israélienne conclut que Sharon porte une responsabilité personnelle pour ce massacre, et il est forcé de démissionner de ses fonctions de ministre de la Défense. La commission le défend également d’être à la tête du ministère de la Défense durant le reste de sa vie, ce qui ne l’a pas empêché de devenir Premier ministre début 2001.

En septembre 2000, Sharon visite le Mont du Temple. Une visite controversée très relayée par médias. Elle marque le début d’une vague de violence de la part des Palestiniens dans les territoires disputés et dans la bande de Gaza, ainsi que parmi les citoyens arabes israéliens. C’est le début de la seconde Intifada.

En 2003, Sharon commence à élaborer un « projet de désengagement » unilatéral d’Israël dans la bande de Gaza. Dès avril 2004, il annonce son intention de mettre en place une séparation complète de la bande de Gaza, comprenant l’évacuation de toutes les communautés israéliennes à Gaza, ainsi que dans quatre implantations juives du nord de la Samarie. Sharon réussit à maintenir la stabilité de son gouvernement et applique sa décision : en août 2005, toutes les colonies israéliennes dans la bande de Gaza sont évacuées, ainsi que les quatre implantations dans les territoires disputés.

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Sharon forme en 2005 le nouveau parti Kadima, supporté par la majorité des Israéliens. Juste avant les élections, qu’il devait remporter haut la main, Ariel Sharon est terrassé par un AVC, qui le plonge dans un coma de huit ans.

Certains Israéliens affirment que l’Etat lui-même est dans le coma depuis ces huit dernières années, et attendent un nouveau grand leader de la trempe d’Ariel Sharon, David Ben Gurion, Menahem Begin ou Yitzhak Rabin, pour combler le vide politique et charismatique.

Sarah Lalou

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