Irena Sendler, cette Juste parmi les Nations

Décédée le 12 mai 2008 à l’âge de 98 ans, Irena Sendler a sauvé 2 500 enfants juifs au risque de sa vie, en les faisant sortir du ghetto de Varsovie durant la Shoah. Figure de la résistance polonaise et une Juste parmi les Nations, Irena Sendler expliquait : « On m’a éduquée dans l’idée qu’il faut sauver quelqu’un qui se noie, sans tenir compte de sa religion ou de sa nationalité ».

Irena Sendlerowa, mieux connue sous le nom Sendler, était infirmière au Bureau d’aide sociale de Varsovie. Celle qui sera plus tard appelée « La mère des enfants de l’Holocauste » a sauvé la vie de 2 500 enfants juifs parqués avec leur famille dans le ghetto de Varsovie.

Irena Sendler est pourtant longtemps restée peu connue en Pologne, tout comme Oskar Schindler, mort dans la pauvreté en Allemagne, avant que son implication soit immortalisée au cinéma par Steven Spielberg.

Il fallut attendre mars 2007 pour que la Pologne lui rende un hommage solennel et propose son nom pour le Prix Nobel de la Paix – qui ne lui fut malheureusement pas décerné.

Le mémorial israélien de la Shoah Yad Vashem lui avait décerné dès 1965 le titre de Juste parmi les Nations, réservé aux non-Juifs qui ont sauvé des Juifs : « Lorsqu’elle marchait dans les rues du ghetto, Sendler portait un brassard avec l’Etoile de David, à la fois par solidarité avec les Juifs et par souci de ne pas attirer l’attention sur elle » commente le mémorial de Yad Vashem.

A la fin de l’été 1942, elle rejoint le mouvement de résistance Zegota – Conseil d’aide aux Juifs. Elle a alors fait sortir secrètement des enfants du ghetto qu’elle faisait héberger dans des familles catholiques et des couvents, qui leur enseignaient quelques prières chrétiennes afin de tromper la vigilance des nazis.

Les enfants étaient cachés dans des valises, dissimulés sous des civières, transportés dans des camions à ordures, ou simplement dissimulés sous son manteau. Elle avait également un chien avec elle, qu’elle avait dressé à aboyer lorsque les nazis la laisser entrer et sortir du ghetto. Ces derniers ne s’approchaient pas d’elle, et les aboiements couvraient les pleurs des enfants.

Elle notait en outre soigneusement les noms des enfants et des familles afin de leur permettre de pouvoir retrouver un jour, les leurs. Elle glissait ensuite les listes dans des bouteilles de verre qu’elle enterrait.

Le 20 octobre 1943, elle fut arrêtée et ses tortionnaires lui brisèrent bras et jambes, sans qu’elle ne parle. Condamnée à mort, elle fut libérée sur le chemin de l’exécution par un officier allemand que la résistance polonaise avait réussi à corrompre : elle continua ensuite son combat clandestin sous une fausse identité jusqu’à la libération.

Lors de l’hommage qui lui a été rendu en 2007 en Pologne, Irena Sendler était trop faible pour assister aux cérémonies. « L’instinct de survie nous pousse à nous sauver nous-mêmes. Elle, elle, a sauvé les autres », avait rappelé Elzbieta Ficowska, une rescapée choisie pour lire la lettre qu’Irena Sendler avait écrite. L’assistante sociale catholique l’avait sauvée en 1942, alors qu’Elzbieta n’était qu’un bébé.

Irena Sendler a toujours pensé qu’elle n’était pas une héroïne : « Je continue d’avoir mauvaise conscience d’avoir fait si peu », disait-elle. « J’appelle tous les gens de bonne volonté à l’amour, la tolérance et la paix, pas seulement en temps de guerre, mais aussi en temps de paix », avait écrit la grande dame dans sa lettre.

Le message d’une noble résistante, qui a toujours refusé le statut d’héroïne.

Sarah Lalou

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